Investigation en santé publique : méthodes qualitatives - Principes et outils

Echantillonnage en recherche quantitative

Les méthodes d'échantillonnage des enquêtes par sondage

Les techniques d'échantillonnage ont toutes pour objet le choix, dans une population définie que l'on veut décrire, d'un certain nombre d'éléments qui devront représenter l'ensemble, c'est-à-dire les mêmes caractères de la population. L'échantillon est donc une image miniature de la population, il en a les mêmes caractéristiques. Pour construire un échantillon qui soit représentatif, nous avons recours à deux types de méthodes (Chauchat, 1985) : soit on procède par tirage aléatoire (méthode probabiliste), soit par contrôle de certains critères (méthode empirique).

Le tirage aléatoire

Cette méthode consiste à tirer au sort dans la population des sujets qui constitueront l'échantillon. Cette procédure est généralement utilisée en psychologie expérimentale mais également dans les enquêtes par sondage.

La mise en œuvre de cette méthode implique que l'on dispose d'une base de sondage, c'est-à-dire de la liste complète des individus faisant partie de la population parente. En effet, pour construire un échantillon probabiliste il ne suffit pas de connaître l'effectif de la population, il faut également que chaque unité soit repérée et nominativement désignée. Cette liste ne doit comporter ni omission, ni répétition ; ces erreurs modifieraient la probabilité de chaque unité d'appartenir à l'échantillon et fausserait le tirage. En effet, les individus mentionnés plusieurs fois auraient une chance anormalement élevée d'être tirés au sort, et ceux non mentionnés n'auraient aucune chance d'appartenir à l'échantillon.

Le choix de la base de sondage dépend de la définition de la population parente. Toutes sortes de fichiers déjà constitués peuvent être utilisées comme base de sondage. Par exemple, pour une enquête auprès des médecins généralistes de la région, il faudra se procurer auprès de l'Ordre des médecins, la liste des médecins établis.

Le tirage au sort est ensuite très simple : après avoir numéroté les individus de la base de sondage, on utilise pour le tirage une suite de nombres aléatoires qu'on peut extraire d'une table de nombres aléatoires (voir encadré), en suivant une règle de tirage fixée au départ. Ainsi, on prendra par exemple les deux premiers chiffres de la première ligne de chaque colonne, ce qui correspond dans la table reproduite ici à : 38, 76, 26, 60, 68, 65, 52, etc.

Table de nombres aléatoires

Table de nombres aléatoires

La constitution de l'échantillon se fait en prélevant dans la base, les unités dont les numéros correspondent à ces nombres. L'échantillon est alors défini par la liste nominative des individus qui le composent.

Le contrôle de certains critères

Connaissant les caractéristiques de la population et la répartition de ces différentes caractéristiques, il suffit de rassembler un échantillon qui possède les mêmes caractéristiques dans les mêmes proportions. Ainsi, le choix des individus n'est pas fait selon un tirage aléatoire. Il suffit de connaître la répartition de certaines variables auprès de la population parente et, pour constituer l'échantillon, on choisit des personnes qui présentent des caractéristiques relatives à ces variables. Cette méthode implique cependant que les possibilités de généralisation des résultats soient beaucoup plus limitées que lorsqu'il s'agit d'un échantillon probabiliste (Chauchat, 1985). L'extrapolation des résultats d'un échantillon empirique n'est donc possible que sous toutes réserves.

La mise en œuvre de cette technique est simple : l'échantillon doit reproduire la distribution statistique de certaines variables observées au sein de la population parente. Les variables choisies portent habituellement sur des indices démographiques (âge, distribution du genre, catégorie socio professionnelle, état matrimonial, etc.), ou sur tout autre variable dont on sait qu'elles peuvent avoir une influence sur les résultats. Ces dernières sont également appelées « variables contrôles ».

La méthode des échantillons quasi-expérimentaux

Si les deux précédentes méthodes permettent d'avoir un échantillon qui tende à être représentatif de la population « parente », ces dernières ont surtout une visée descriptive. Les échantillons quasi expérimentaux permettent, quant à eux, d'étudier l'influence d'un facteur déterminé et, d'une manière générale, d'analyser les relations qui existent entre deux ou plusieurs variables.

Le principe de construction d'un échantillon quasi-expérimental consiste à définir les variables et ou les combinaisons de modalités de variables et à constituer des groupes de telle sorte que chaque groupe représente l'une des combinaisons (voir encadré).

Table de nombres aléatoires

Echantillon quasi-expérimental

Il est souhaitable, afin que les groupes soient comparables entre eux, que vous contrôliez certaines variables (ou tout du moins celles que vous estimez susceptibles d'avoir une influence sur les résultats), comme par exemple les variables démographiques.

Ainsi vous pouvez contrôler l'âge de vos échantillons en fixant une limite inférieure et supérieure (de 18 à 55 ans). Les choix de chacun de ces critères n'est pas arbitraire et doit être justifié. On parle également ici, de « variables contrôles ».

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