La participation contribue au renforcement de la communauté
La participation contribue au renforcement du pouvoir de l'ensemble des acteurs qui participent, donc de la communauté.
Arrêtons nous quelques instants sur le concept de « communauté ».
La charte d'Alma-Ata, en 1978, l'OMS définit la communauté comme étant « un groupe d'individus qui vivent ensemble dans des conditions spécifiques d'organisation et de cohésion sociales. Ses membres sont liés à des degrés variables par des caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles communes ainsi que par des aspirations et des intérêts identiques, y compris en matière de santé ». Autrement dit, les gens qui constituent la communauté sont toutes les personnes qui se sentent ou peuvent, potentiellement, se sentir concernées par un sujet ou une problématique, à savoir les habitants d'un quartier, les usagers d'une structure, les citoyens d'une commune, les professionnels (sanitaires, sociaux, éducatifs, ...), les décideurs (élus, institutions,...).
La constitution de la communauté passe d'abord par le partage du constat d'un problème et la rencontre d'envies de s'en sortir.
Pour Bury, « le groupe ne devient communauté que lorsque certaines circonstances lui permettent de prendre conscience de relations privilégiées entre des membres et du fait que ces relations autorisent des changements sociaux impossibles à réaliser autrement, en d'autres termes lorsque apparaît une “conscience communautaire" » 18[1]
Par exemple un groupe de mamans qui parlent de leurs difficultés avec leurs adolescents, se rendent compte qu'elles ne sont pas seules dans cette situation mais que d'autres mamans rencontrent aussi des difficultés, que cela interroge aussi certains professionnels du quartier, que les élus se questionnent à ce sujet, puis, une réunion des acteurs concernés (les mamans, les professionnels, les élus) peut se mettre en place afin d'essayer d'identifier les origines de cette situation, les dysfonctionnements qui existent mais aussi les ressources sur lesquelles s'appuyer pour faire évoluer la situation dans le sens souhaité. Enfin, le groupe élabore des « stratégies » pour améliorer les choses.
Nous voyons bien là que tous les membres de la communauté (habitants, élus, professionnels) sont au même niveau, que chacun apporte son expertise issue de ses expériences, de sa formation, de sa compétence... mais aussi que tous ces savoirs sont légitimes et qu'ils permettent d'agir sur la situation de façon plus globale.






