Démarche participative

Les échelles temps

« Construire ensemble ça prend plus de temps que construire tout seul ».

En effet, il faut le temps que chacun trouve sa place et que chacun laisse la place aux autres, que les intérêts individuels deviennent communs, que des règles de travail ensemble se mettent en place, .... et toutes ces étapes prennent du temps tout simplement parce que l'on travaille avec des êtres humains et pas avec des machines.

Or, la difficulté, mais aussi la richesse, des démarches participatives est que les acteurs fonctionnent avec des temporalités et des logiques différentes. En effet,

  • la temporalité de l'élu est son mandat électoral (« au début du mandat, il faut faire des choses rapidement alors qu'à la fin, on ne peut plus rien faire car on est dans une période pré-électorale au cours de laquelle toute réalisation pourrait peser sur la campagne »),

  • la temporalité du professionnel se structure souvent sur les demandes de financements et les exigences institutionnelles.

  • la temporalité de l'habitant est souvent très courte parce qu'il faut passer au concret rapidement. Il arrive que des habitants quittent un groupe parce qu'ils estiment que l'on ne passe pas suffisamment vite à l'action, ils ont besoin de voir où les conduisent les réflexions qu'ils mènent (« Les habitants se sont parfois sentis frustrés parce qu'ils attendaient de sortir de la réunion avec des réponses concrètes »).

    Concernant l'argument qu'il faut du concret rapidement « sinon on va perdre les habitants », il faut introduire » un bémol car on cours le risque d'aller trop vite et de laisser des personnes sur le bord de la route.

    En effet, les habitants « novices » dans le processus de participation, ont besoin de temps ; d'abord pour oser parler dans un groupe, ensuite pour s'autoriser à poser des questions, enfin pour se sentir légitime de participer aux prises de décisions (« Nous ne recevons pas de formation pour savoir s'exprimer », « aux Assises, j'y suis allée avec mes questions et je suis rentrée à la maison avec mes questions. On ne m'a pas laissée le temps de m'exprimer »). Mais aussi pour dépasser le « c'est la douzième fois qu'on nous demande notre avis et qu'ensuite on n'en tient pas compte ».

Nous avons aussi dit que la temporalité de la dynamique du travail ensemble est très longue car « travailler ensemble cela prend du temps » cependant, il faut aussi que les réflexions mènent à des réalisations concrètes et ce, parfois plus rapidement pour certains acteurs que pour d'autres.

  • Concernant les habitants, cette problématique a été abordée dans le point précédent,

  • Concernant les élus, il n'est pas rare qu'ils « pressent » le groupe pour que des réalisations voient le jour et que cela les conforte dans leurs choix politiques.

  • Enfin, les professionnels ont eux aussi besoin de voir que des choses naissent pour donner sens à leur participation.

Autrement dit, ce qui va permettre qu'une démarche participative se développe et se renforce dans le long terme c'est l'équilibre constant à trouver entre le rythme du groupe et les exigences et besoins de chacun de ses membres.

Les échelles temps

« Construire ensemble ça prend plus de temps que construire tout seul ».

En effet, il faut le temps que chacun trouve sa place et que chacun laisse la place aux autres, que les intérêts individuels deviennent communs, que des règles de travail ensemble se mettent en place, .... et toutes ces étapes prennent du temps tout simplement parce que l'on travaille avec des êtres humains et pas avec des machines.

Or, la difficulté, mais aussi la richesse, des démarches participatives est que les acteurs fonctionnent avec des temporalités et des logiques différentes. En effet,

  • la temporalité de l'élu est son mandat électoral (« au début du mandat, il faut faire des choses rapidement alors qu'à la fin, on ne peut plus rien faire car on est dans une période pré-électorale au cours de laquelle toute réalisation pourrait peser sur la campagne »),

  • la temporalité du professionnel se structure souvent sur les demandes de financements et les exigences institutionnelles.

  • la temporalité de l'habitant est souvent très courte parce qu'il faut passer au concret rapidement. Il arrive que des habitants quittent un groupe parce qu'ils estiment que l'on ne passe pas suffisamment vite à l'action, ils ont besoin de voir où les conduisent les réflexions qu'ils mènent (« Les habitants se sont parfois sentis frustrés parce qu'ils attendaient de sortir de la réunion avec des réponses concrètes »).

    Concernant l'argument qu'il faut du concret rapidement « sinon on va perdre les habitants », il faut introduire » un bémol car on cours le risque d'aller trop vite et de laisser des personnes sur le bord de la route.

    En effet, les habitants « novices » dans le processus de participation, ont besoin de temps ; d'abord pour oser parler dans un groupe, ensuite pour s'autoriser à poser des questions, enfin pour se sentir légitime de participer aux prises de décisions (« Nous ne recevons pas de formation pour savoir s'exprimer », « aux Assises, j'y suis allée avec mes questions et je suis rentrée à la maison avec mes questions. On ne m'a pas laissée le temps de m'exprimer »). Mais aussi pour dépasser le « c'est la douzième fois qu'on nous demande notre avis et qu'ensuite on n'en tient pas compte ».

Nous avons aussi dit que la temporalité de la dynamique du travail ensemble est très longue car « travailler ensemble cela prend du temps » cependant, il faut aussi que les réflexions mènent à des réalisations concrètes et ce, parfois plus rapidement pour certains acteurs que pour d'autres.

  • Concernant les habitants, cette problématique a été abordée dans le point précédent,

  • Concernant les élus, il n'est pas rare qu'ils « pressent » le groupe pour que des réalisations voient le jour et que cela les conforte dans leurs choix politiques.

  • Enfin, les professionnels ont eux aussi besoin de voir que des choses naissent pour donner sens à leur participation.

Autrement dit, ce qui va permettre qu'une démarche participative se développe et se renforce dans le long terme c'est l'équilibre constant à trouver entre le rythme du groupe et les exigences et besoins de chacun de ses membres.

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AccueilAccueilImprimerImprimer Auteurs : Mariella Galli, Perrine Lebourdais, Nathalie Victor (Institut Renaudot, Paris) Relecture : Cédric Baumann, Jean-François Collin - Reproduction et diffusion interdite sans accord des auteurs. Réalisé avec Scenari (nouvelle fenêtre)