Le vocabulaire : un véritable « jargon d'initiés »
Chaque champ d'activité à son vocabulaire, ses sigles, ses abréviations...
Chacun de nous a un jour assisté à une réunion en ayant l'impression qu'on utilisait un langage crypté. Imaginez donc ce que cela donne quand on mélange différents types d'acteurs (habitants, élus et professionnels) ? Cela peut devenir vite une véritable cacophonie alors que, nous l'avons déjà appris, pour que chacun trouve sa place et puisse prendre part aux échanges et aux décisions, il est essentiel que tout le monde parle le même langage et soit au même niveau d'information.
Si on fait l'impasse sur cette étape, on prend là aussi le risque de laisser des personnes sur le bord de la route. On peut alors entendre : « je participe à plein de choses pour m'intégrer, mais parfois je ne comprends pas ce qu'on fait », « j'ai été à des réunions de professionnels, et je n'ai rien compris », « les professionnels ont tendance à utiliser des mots techniques et on est impressionné ».
La pratique montre qu'après une expérience comme celle-ci les habitants, usagers hésitent avant de se mobiliser à nouveau. Et, ceux qui restent sur le bas côté, sont généralement ceux qui sont les plus en difficulté et que l'on a du mal à rencontrer. Il est donc important de créer les conditions pour qu'un langage commun soit élaboré et pour que les personnes osent poser des questions quand elles ne comprennent pas.
Un indicateur de réussite que nous aimons utiliser lors de nos interventions c'est le nombre de fois où les acteurs, notamment les habitants, demandent ce que veut dire un sigle dans une réunion. Essayez, vous verrez, c'est assez intéressant.
Réciproquement, le langage et le vocabulaire des habitants n'est pas toujours facilement accessible aux professionnels et aux élus.






