Démarche participative

Le développement social local

Pour le dictionnaire Larousse 2009, la participation c'est l'« association des citoyens au pouvoir ».

Si l'on consulte l'encyclopédie Wikipédia« La participation désigne des tentatives de donner un rôle aux individus dans une prise de décision affectant une communauté. Cette notion s'est appliquée à plusieurs champs distincts [...]. En sciences politiques, la participation est un terme plus général qui recouvre les différents moyens selon lesquels les citoyens peuvent contribuer aux décisions politiques. Pour que la participation en toute connaissance de cause soit possible, un degré de transparence est nécessaire, mais non suffisante. La participation est recherchée surtout pour les décisions qui affectent en priorité certaines catégories de la population, en particulier dans le domaine de l'urbanisme et des rénovations urbaines ou dans celui de la gestion des ressources (eau, paysage...) et de l'environnement ».

Avec cette définition de la participation, il apparaît qu'elle peut s'inscrire dans différents champs. Compte tenu du temps imparti et en fonction de nos objectifs pédagogiques, nous aborderons trois dès champs possibles : le développement social local, la démocratie participative et la promotion de la santé.

Le développement social local

Ce courant est issu, entre autre, des travaux de Paolo Freire, qui, au Brésil dans les années 60, a mené des démarches de conscientisation qui avaient pour but que les gens deviennent acteurs de leur propre développement.

« Au début des années 60, Paulo Freire, éducateur brésilien, a lancé une campagne massive d'alphabétisation parmi les populations du Nord-est brésilien. En quelques années, plus d'un million d'exclus ont retrouvé leur dignité et une capacité d'autonomie, d'initiative et de participation à la vie sociale grâce à une méthode qui combinait apprentissage de la lecture avec la valorisation de la culture et de l'expérience de chacun. A la suite de cette expérience, Freire a élaboré sa théorie de la conscientisation » 5[1] . Autrement dit, « qu'il s'agisse des pays en développement ou des pays dits industrialisés, l'analyse des situations et des problèmes de développement (local, régional, institutionnel...) fait apparaître de plus en plus que le développement d'une collectivité ne peut résulter seulement de la volonté et des programmes des planificateurs. [...] Dans cette perspective, les actions contribuant au développement seraient celles qui accroîtront la capacité des acteurs sociaux à se prendre en main, à élaborer et réussir leurs propres projets, à analyser et résoudre les problèmes qui se posent à eux, à intervenir sur les situations qu'ils vivent. Il ne s'agit pas seulement de la capacité de l'Etat, mais aussi de celle des acteurs de la société civile [2]» 6[2].

Enfin, il s'agit de créer les conditions pour que les personnes agissent elles-mêmes pour leur propre développement et celui de leur communauté.

Le processus de conscientisation cherche à promouvoir une prise de conscience et une attitude critique chez les individus, pour leur donner une liberté de choix et de décision. Il permet à des groupes défavorisés de prendre conscience des forces qui les oppriment, d'identifier leur situation sociale par rapport au système politico-institutionnel local, de s'organiser et de se sentir capables d'effectuer des changements 7[3] . Ils peuvent ainsi réaliser les actions nécessaires pour répondre à leurs besoins et contrecarrer les mécanismes producteurs d'inégalité.

Le développement social local s'est ensuite construit à partir du constat d'échec des politiques publiques nationales à faire sens sur l'enjeu du vivre ensemble. Le développement social local ou global (DSL) est une manière de repenser l'action publique, à la fois en partant des besoins exprimés par la population du territoire concerné et en définissant avec l'ensemble des partenaires un projet global de territoire. Ainsi, une 2ème notion clé dans le DSL est la notion de territoire et de travail avec l'ensemble des acteurs qui composent ce territoire.

« Le développement social doit en effet maintenant s'affirmer non pas comme un mode de traitement social, mais comme un mode de traitement territorial visant au maintien actif dans notre société des populations fragilisées non seulement par la précarité matérielle ou la différence culturelle, mais aussi par l'âge, le handicap, l'isolement, etc. C'est à ce prix qu'on pourra s'éloigner d'une logique de dispositifs au profit d'une logique de développement, s'analysant avant tout comme un processus de mobilisation des potentialités locales » 8[4].

  1. 5

    Freire P. - L'éducation, pratique de la liberté. Editions du Cerf. 1996.

  2. 6

    Leboterf G., Lessard P. L'ingénierie des projets de développement – Gestion participative et développement institutionnel. Ed. Paideia, 1987. – 178 p. 9 et 10.

  3. 7

    Fournier P, Potvin L, Kaddar M. Participation communautaire et programmes de santé : les fondements du dogme. La participation communautaire : une réponse à un double échec ? Sci Soc Sante 1995;13:39-64.

  4. 8

    Sanchez J-L. Décentralisation : de l'Action Sociale au Développement Social. Etat des lieux et perspectives, Paris;L'Harmattan ;2001.

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AccueilAccueilImprimerImprimer Auteurs : Mariella Galli, Perrine Lebourdais, Nathalie Victor (Institut Renaudot, Paris) Relecture : Cédric Baumann, Jean-François Collin - Reproduction et diffusion interdite sans accord des auteurs. Réalisé avec Scenari (nouvelle fenêtre)