Évolution psychique des patients atteints de maladie chronique
La survenue de la maladie est un évènement qui annonce la perspective d'interventions, de souffrances, de menaces parfois vitales La maladie chronique est un évènement ni choisi, ni désiré
La maladie chronique atteint l'intégrité physique du patient Elle induit un sentiment de rupture (changements nécessaires, plus ou moins nombreux)
Elle est porteuse d'incertitudes sur l'avenir, sur l'évolution, sur le rythme de cette évolution La maladie chronique est donc anxiogène
Elle a directement un impact sur l'image de soi et plus indirectement sur l'estime de soi et la confiance en soi qui sont liés Les retentissements de l'annonce du diagnostic sont importants et différents selon les représentations de la maladie, l'histoire du patient, ...
La prise en charge des maladies chroniques passe souvent par des changements de comportement (alimentation, activité physique, sommeil, tabac, alcool,...) plus difficiles à intégrer dans la vie quotidienne que des simples prises de médicaments
Les traitements médicamenteux sont souvent utilisés en complément de ces changements comportementaux, ils sont performants mais leur efficacité dépend du mode de vie, ils peuvent faire craindre des effets secondaires aux patients et donc induire des attitudes particulières vis-à-vis de l'observance.
Les répercussions émotionnelles sont donc déterminantes pour la qualité de vie des patients qui devront trouver de nouveaux équilibres de vie souvent évolutifs.
Ceci est loin d'être neutre, facile ou immédiat. Prenant appui sur les travaux de Freud puis sur ceux de Kübler-Ross, sur le travail de deuil et sur la succession des réactions émotionnelles des personnes en fin de vie, A Lacroix a proposé de manière schématique 2 trajectoires possibles pour les patients : acceptation ou résignation.
La trajectoire qui mène, à terme, à l'acceptation d'une vie différente avec la maladie passe par un processus d'intégration. Après la stupeur liée à l'annonce de la maladie, le patient entre dans une stratégie de confrontation avec la réalité, avec les soignants, de révolte, de marchandages ... présente un degré de tristesse, puis finalement s'adapte à ce nouvel état, ne peut pas faire autrement que l'accepter.
On comprend aisément qu'il peut y avoir de multiples formes d'adaptation et d'acceptation.
La trajectoire qui mène, à terme, à la résignation et à la dépression passe par une stratégie d'évitement, par le refus de prendre en compte la réalité (déni).
Attention :
Cette présentation issue de travaux antérieurs, adaptée à partir de l'expérience de clinicienne d'A. Lacroix, est illustrative.
Elle permet de comprendre des évolutions différentes, le passage par des stades particuliers, elle est une aide pour les soignants facilitant la compréhension de ce que peuvent ressentir des patients. Mais, elle ne prédit pas une évolution des comportements des patients qui serait quasi linéaire et systématique.
Comme tout modèle, il est pédagogique, mais ne reflète pas les possibles allers-retours d'un stade à un autre, d'une trajectoire à une autre, le rythme des évolutions. L'acceptation d'un premier stade de la maladie ne signifie pas nécessairement que cette adaptation se reproduira lors de la survenue de complications.
Dans la relation entre patients et soignants, le soignant devra donc être attentif aux répercussions sur l'évolution psychique du patient de l'annonce de la maladie ou de complications, et plus généralement de la situation de vie avec la maladie.







