Health Belief Model
Ce modèle a été créé dans le but de comprendre pourquoi certaines personnes font et d'autres ne font pas les démarches préconisées par le médecin, par exemple, se rendre à un dépistage ou se faire vacciner. D'après le HBM, l'adoption ou non d'un comportement sain résulte d'une évaluation conjointe par l'individu :
du degré de menace pour sa santé (perception du risque encouru : gravité et vulnérabilité)
et du rapport coût (physique, psychologique financier) / bénéfices (réduction du risque, notion de sécurité)
Exemple :
Je suis une jeune femme, je fume et je prends une pilule contraceptive, mon gynécologue me conseille d'arrêter de fumer. Je perçois que je cours un risque, je suis susceptible de déclencher une maladie thromboembolique. Cette maladie aurait des conséquences graves sur ma santé (phlébite, embolie pulmonaire) et pourrait me conduire jusqu'à la mort. Arrêter de fumer ou arrêter la pilule sont deux possibilités d'éviter ce risque d'accident thromboembolique.
Arrêter la pilule m'obligerait à trouver une autre méthode contraceptive, je choisis d'arrêter de fumer, cette solution est moins coûteuse pour moi, elle me protège aussi des autres risques liés au tabac.
Finalement d'après le HBM, l'adoption ou non d'un comportement sain par un individu est déterminée par ses croyances.
Il y a des croyances « moteurs » qui vont faciliter l'adoption d'un comportement favorable à la santé:
croyance de gravité (exemple : croire que le sida tue)
croyance de susceptibilité ou de vulnérabilité (exemple : croire que je peux être contaminé)
croyance de détectabilité (exemple : croire que si je suis séropositif et que je fais un test, le test permettra vraiment de détecter le virus dans mon sang)
croyance de curabilité (exemple : croire que les traitements vont ralentir l'évolution de la maladie dans mon corps)
Il y a des croyances « freins » qui vont freiner l'adoption d'un comportement favorable à la santé
croyance de douleur (exemple : si on me révèle ma séropositivité, ça va être trop douloureux à supporter pour moi)
croyance de perte de temps (exemple : je n'ai pas de temps à perdre en allant faire un dépistage)
croyance de coût (exemple : arrêter d'avoir des relations sexuelles multiples est trop coûteux pour moi)
Ces croyances ne sont pas des connaissances, elles dépendent de la capacité de l'individu à intégrer les informations et à les faire entrer dans son système de représentations. Elles sont donc subjectives.
Certaines campagnes de prévention prennent appui sur ce modèle, elles conçoivent un message d'intérêt public qui a pour but de renforcer ou d'atténuer une croyance.
Campagnes axées sur la gravité :
Exemple : "Le téléphone au volant" |
Exemple : "Hépatite" |
Campagnes axées sur la vulnérabilité :
Exemple : "l'alcool" |
Exemple : "Le cancer du sein" |
Limites du modèle
Il est faiblement prédictif. Par exemple, en France, les enquêtes Connaissance Attitude Pratique (CAP) montrent que la population est bien informée sur le SIDA et considère le SIDA comme un grand risque, pourtant les changements de comportement sexuel sont difficiles à opérer.
Le lien causal entre perception, décision et comportement est loin d'être démontré.
Ce modèle repose sur la conception que les individus sont parfaitement rationnels (ils évaluent le rapport coût / bénéfice, comme s'ils évaluaient un rapport qualité /prix).
Le HBM sous-estime les facteurs intra-psychiques, sociaux et culturels qui peuvent être antagonistes au comportement désiré et il ne prend pas en compte l'influence "des autres" sur le comportement des individus (implication affective, liens sociaux).
Ainsi ce modèle théorique n'est pas complètement adapté pour expliquer des comportements complexes liés à la santé. Même si l'on peut retenir que s'il ne suffit pas d'être informer pour agir, il est néanmoins nécessaire de travailler sur la perception du risque encouru. Si on veut mettre en place une action d'éducation pour la santé, par exemple sur le SIDA, dans une population qui ne se sent pas concernée par cette pathologie, on a peu de chance d'aboutir. Ainsi, la sensibilisation de la population peut être un préalable important à la mise en place d'une action éducative.
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